Air sec en hiver : humidité, confort et condensation
Pourquoi l'hiver assèche la maison
L'air froid ne contient presque pas d'humidité : à moins 20 degrés, même saturé, il porte à peine quelques grammes d'eau par mètre cube. Quand cet air entre dans la maison et se réchauffe à 20 degrés, son humidité relative s'effondre — il devient très sec, et il absorbe l'eau qu'il trouve : celle de votre peau, de vos muqueuses et de vos meubles.
C'est pourquoi l'hiver à Sherbrooke assèche autant : une maison qui renouvelle son air normalement fait entrer cet air arctique en continu, et le taux d'humidité peut tomber sous 25 %. La peau tiraille, les lèvres gercencent, le bois craque, et l'électricité statique s'accumule. Ce n'est pas la maison qui est mal chauffée, c'est l'air qui est trop sec.
Le bon taux d'humidité, selon la température
Le taux d'humidité idéal se situe entre 30 et 50 %, mais il baisse avec le froid extérieur : à moins 20 degrés, on vise plutôt 30 à 35 %, à moins 10 degrés autour de 40 %, et au-dessus de zéro on peut monter à 50 %. C'est le plafond qui compte : au-delà, l'humidité condense sur les vitres froides, puis sur les murs, et la moisissure apparaît.
Ce réglage n'est pas une habitude, c'est un équilibre : trop sec, la maison craque et les voies respiratoires souffrent ; trop humide, les fenêtres ruissellent et la moisissure guette. Le bon taux est celui où les fenêtres restent sèches tout en gardant un confort respirable. Un hygromètre posé dans le salon donne le chiffre, et c'est lui qui commande, pas la sensation.
Humidifier sans faire condenser les fenêtres
Humidifier en hiver demande de la mesure : un humidificateur réglé trop haut, ou posé trop près d'une fenêtre, fait condenser la vapeur sur la vitre froide, et cette eau finit par moisir le cadre. On vise le taux de la maison entière, pas celui de la pièce où l'appareil tourne. Un humidificateur central, raccordé à la ventilation, répartit mieux qu'un appareil portatif qui sature une pièce.
La ventilation joue le rôle inverse : un échangeur d'air trop puissant, ou un VRC qui renouvelle fort, évacue l'humidité à mesure qu'on la produit. Dans une maison sèche en hiver, un VRE, qui récupère une partie de l'humidité de l'air sortant, garde la maison plus confortable qu'un VRC. Le choix entre les deux se fait sur le relevé d'humidité de la maison, pas sur une préférence.
Mesurer avant d'agir
La première chose à faire est de mesurer : un hygromètre dans le salon, un autre près d'une fenêtre, et on lit les deux au plus froid de l'hiver. Le taux du salon dit si la maison est sèche, celui de la fenêtre dit si l'humidité qu'on ajoute condense déjà. Croiser les deux évite de sur-humidifier une maison qui n'en a pas besoin.
Le relevé dicte le geste : sous 30 %, un humidificateur ou un VRE se justifie ; entre 30 et 50 %, on ne touche à rien ; au-dessus de 50 % avec de la buée, c'est la ventilation qu'il faut renforcer, pas l'humidité qu'il faut ajouter. Trop de maisons de l'Estrie tournent avec un humidificateur à fond et des fenêtres qui coulent, faute d'un seul relevé. RespirAir mesure l'humidité et la ventilation ensemble, et règle les deux pour un hiver confortable.