Sherbrooke concentre à peu près tous les cas de figure du carrelage résidentiel. Les triplex du centre ont des planchers de bois de grande portée qui bougent. Les maisons du Vieux-Nord cachent des salles de bain refaites trois fois en cinquante ans. Et les condos récents posent la question du bruit entre les étages, que la céramique amplifie.
Les triplex et la déflexion des vieux planchers
Beaucoup d'immeubles à logements du centre ont été bâtis avec des solives de dimensions et d'espacements qui n'avaient pas la céramique en tête. Le plancher fléchit assez pour être imperceptible au pied, mais bien assez pour fissurer un carreau posé dessus.
La vérification de la déflexion n'est donc pas une formalité dans ce parc immobilier : c'est l'étape qui décide si le projet est faisable tel quel ou s'il faut renforcer d'abord. Un entrepreneur qui accepte du grand format dans un triplex de 1920 sans monter voir la structure devrait être questionné.
Les salles de bain refaites plusieurs fois
Dans le Vieux-Nord et les quartiers anciens, une salle de bain a souvent été rénovée deux ou trois fois depuis la construction. Chaque couche a laissé quelque chose : un ancien carrelage sous le prélart, un plancher surélevé, un drain déplacé, parfois du gypse là où il ne devrait pas y en avoir.
Personne ne sait ce qu'il y a derrière avant d'ouvrir. C'est pourquoi une soumission sérieuse dans ces quartiers prévoit explicitement ce qui arrive au prix si le support s'avère en mauvais état, plutôt que de découvrir la question au milieu du chantier.
Les condos et le bruit d'impact
La céramique transmet le bruit d'impact vers le logement du dessous bien plus qu'un plancher de bois ou un tapis. Dans un immeuble en copropriété, la déclaration impose souvent un indice acoustique minimal, et une membrane insonorisante devient obligatoire sous le carreau.
C'est un poste de coût réel qui devrait figurer à la soumission dès le départ. Il vaut mieux vérifier la déclaration de copropriété avant de choisir le carreau, parce que la membrane requise ajoute une épaisseur qui peut affecter les seuils et le dégagement des portes.
Rock Forest, Brompton et les grands formats
Dans les développements plus récents, les dalles de béton et les planchers d'ingénierie sont généralement plus plats et plus rigides, ce qui rend le grand format nettement plus accessible qu'en centre-ville.
Le point de vigilance devient alors la dalle elle-même. Une fissure de retrait dans le béton d'un sous-sol remonte dans la céramique si aucune membrane de découplage ne s'interpose. C'est un cas classique où la membrane n'est pas un supplément décoratif mais la seule chose qui empêche le carreau de fendre au même endroit.
Les travaux à North Hatley
Céramique de salle de bain
Murs, plancher et pourtour de baignoire : où l'étanchéité commence et où le carreau n'y suffit pas.
Douche à l'italienne
La pente vers le drain, la membrane et le test d'eau : les trois points où une douche se gagne ou se perd.
Céramique de plancher
Déflexion du plancher, planéité du support et joints de fractionnement : ce qui fait fissurer un carreau.
Dosseret de cuisine
Mosaïque, métro ou grand format : pourquoi une petite surface coûte cher au pied carré.
Plancher chauffant sous céramique
Câble, natte ou membrane découplante chauffante : ce qui se décide avant la pose, jamais après.
Réparation de coulis et joints
Coulis fissuré, joints noircis, calfeutrage décollé : ce qui se répare et ce qui annonce un problème plus profond.
Carreau grand format
Plus le carreau est grand, moins le support pardonne. Nivellement, mortier et système d'alignement.
Céramique extérieure
Balcon, terrasse, entrée : pourquoi un carreau posé dehors au Québec suit des règles complètement différentes.