La céramique extérieure au Québec échoue plus souvent qu'elle ne réussit, et presque jamais à cause du carreau lui-même. Le mécanisme est toujours le même : de l'eau s'accumule quelque part sous ou dans le système, elle gèle, elle prend du volume, et elle décolle tout. Ce qui distingue une pose qui tient, c'est le drainage.
L'absorption d'eau du carreau
Les carreaux se classent selon leur taux d'absorption d'eau. Une céramique poreuse absorbe l'humidité, la retient, et l'eau prise dans le corps du carreau le fait éclater au premier gel sévère. Seule une porcelaine à très faible absorption convient dehors sous notre climat.
C'est la condition minimale, pas la condition suffisante. Un carreau parfaitement adapté au gel posé sur un système qui retient l'eau en dessous décollera quand même : le gel agira alors sur l'eau emprisonnée dans le mortier plutôt que dans le carreau.
Le drainage sous le carreau
L'eau traverse le coulis, c'est normal et inévitable. Ce qui compte est ce qu'elle fait ensuite. Sur une pose extérieure correcte, elle rejoint une membrane inclinée qui la conduit vers l'extérieur, souvent par une natte de drainage prévue à cet effet.
Sur une pose faite comme à l'intérieur, cette eau reste emprisonnée entre le carreau et la membrane. Elle gèle et dégèle des dizaines de fois par hiver en Estrie, et chaque cycle décolle un peu plus le mortier. Le résultat apparaît au deuxième ou troisième printemps.
La pente, obligatoire même sur un balcon
Une surface extérieure parfaitement de niveau retient l'eau. Il faut une pente qui éloigne l'eau du bâtiment, créée dans la structure ou le mortier de forme, jamais en inclinant les carreaux les uns par rapport aux autres.
Cette pente doit exister à la fois en surface, pour évacuer l'eau visible, et sous la membrane, pour évacuer celle qui a traversé le coulis. Un système qui n'a de pente qu'en surface accumule l'eau à l'endroit précis qu'on croyait protéger.
Le mortier et le coulis ne sont pas les mêmes
Un mortier d'intérieur ordinaire n'est pas formulé pour les cycles de gel ni pour l'exposition permanente à l'eau. Les poses extérieures demandent des mortiers de classe supérieure, souvent avec additif, et des coulis conçus pour rester souples et peu absorbants.
C'est un poste où l'économie se voit très vite. Un entrepreneur qui utilise dehors les mêmes produits qu'à l'intérieur ne fait pas d'erreur de calcul : il fait une erreur de matériau, et elle est garantie de se manifester dans les trois ans.
Repères de l'extérieur
Le taux d'absorption
Seule une porcelaine à très faible absorption convient dehors sous notre climat. Demandez la fiche technique du carreau avant de l'acheter, pas après.
Le drainage sous le carreau
L'eau traverse toujours le coulis. Un système extérieur correct la conduit vers l'extérieur par une membrane inclinée, souvent avec une natte de drainage.
La pente à deux niveaux
En surface et sous la membrane. Une pente uniquement en surface emprisonne l'eau exactement là où on croyait l'évacuer.
Les produits extérieurs
Mortier de classe supérieure et coulis conçu pour l'extérieur. Utiliser dehors les produits d'intérieur est une erreur qui se manifeste en deux ou trois hivers.