
Le choix du matériau détermine la durée de vie du système, son apparence dans dix ans et le nombre de fois où vous devrez rappeler quelqu'un. En Estrie, où le gel et le dégel se succèdent des dizaines de fois par hiver, ce choix compte davantage que dans une région tempérée.
L'aluminium et la question de l'épaisseur
L'aluminium domine le résidentiel pour de bonnes raisons : il ne rouille pas, il se forme en continu sur place, il accepte un vernis cuit qui ne demande jamais de peinture et il se recycle intégralement en fin de vie. Ce qui varie, c'est l'épaisseur. Le 0,027 pouce est le standard économique, le 0,032 pouce est ce que nous installons par défaut.
La différence se voit au premier hiver chargé. Une gouttière de 0,027 remplie de glace se déforme entre deux crochets et garde cette forme pour toujours ; le 0,032 encaisse la même charge et revient droite. L'écart de prix est de quelques dollars du pied linéaire, l'écart de durée de vie se compte en années.
L'acier galvanisé : solide, mais avec une date de péremption
L'acier résiste mieux aux impacts, ce qui séduit sur les bâtiments où une branche ou une plaque de neige menace. Il est aussi plus rigide sur de longues portées, un avantage réel sur un bâtiment agricole.
Son talon d'Achille reste la corrosion aux points de coupe. Chaque extrémité, chaque perforation de descente et chaque vis expose de l'acier nu que le zinc ne protège plus. Sur une maison au bord d'un lac ou près d'une route salée l'hiver, la rouille apparaît en cinq à huit ans et ne se traite qu'en surface.
Le vinyle : à éviter à peu près partout au Québec
Le vinyle est vendu en sections de dix pieds, il se pose sans machine et il coûte peu. C'est tout ce qu'il a pour lui. Ses joints multiples sont autant de points de fuite, et le matériau devient cassant sous zéro : une échelle mal appuyée en février peut le fendre net.
S'ajoute la dilatation, très supérieure à celle du métal, qui fait travailler chaque raccord à chaque changement de température. Nous en remplaçons chaque année, généralement après moins de dix ans de service, et presque toujours à cause d'un joint qui a lâché.
Le cuivre, et à qui il s'adresse vraiment
Le cuivre traverse des décennies sans entretien et développe une patine verte que certains propriétaires recherchent précisément. Sur une maison patrimoniale ou une résidence de villégiature, c'est un choix esthétique défendable.
Le prix reste toutefois plusieurs fois celui de l'aluminium, et l'installation demande un soudeur plutôt qu'un installateur de gouttières. En pratique, moins d'un projet sur cinquante justifie le cuivre, et nous le disons quand ce n'est pas le cas plutôt que de vendre le haut de gamme par réflexe.
Les questions à poser avant de signer
Quelle épaisseur d'aluminium est incluse, quel est l'espacement des crochets, combien de descentes sont prévues et quel scellant sera utilisé aux joints : ces quatre réponses vous en apprendront plus sur la qualité du travail que n'importe quelle brochure. Un installateur qui les donne spontanément a l'habitude de faire les choses correctement.
Demandez aussi si le démontage de l'ancien système et la disposition des matériaux sont inclus, et si le bois de rive a été inspecté avant le chiffrage. Une soumission qui reste muette sur ces deux points se transforme souvent en supplément le jour des travaux, exactement quand vous n'avez plus de marge de manoeuvre.
Gouttières continues 5 pouces en Estrie
Aluminium formé sur place, sans joint sur toute la longueur du mur, en 27 couleurs cuites au four.
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