Ce qu'on découvre seulement quand le toit est à nu
Support pourri, deuxième bardeau caché, solin rouillé : trois découvertes courantes qui doivent figurer comme scénarios chiffrés dans la soumission.
Trois découvertes reviennent constamment quand un toit est mis à nu, et aucune des trois ne se voit avant. Une soumission sérieuse les chiffre d'avance comme scénarios possibles. Une soumission qui n'en parle pas ne les a pas fait disparaître : elle a reporté la conversation au milieu du chantier, quand vous n'avez plus de pouvoir de négociation.
Le support pourri
Sous le revêtement se trouve le support, généralement en contreplaqué ou en planches. Quand de l'eau a circulé longtemps sans qu'on le sache, ou quand la condensation d'entretoit a travaillé le bois par en dessous, ce support se ramollit et ne tient plus les clous.
On ne peut pas poser un revêtement neuf sur un support qui ne tient pas. Le remplacement se fait par feuille et se chiffre au pied carré. Demandez ce prix unitaire dans la soumission : c'est ce qui vous permet de savoir, le jour où on vous annonce huit feuilles à changer, si le montant correspond à ce qui était convenu.
Le deuxième revêtement caché
Beaucoup de maisons ont été recouvertes une fois plutôt que refaites, il y a vingt ou trente ans. De la rue, rien ne le montre. À la mise à nu, on découvre deux épaisseurs à enlever au lieu d'une, ce qui double la main-d'œuvre d'arrachage et le volume de conteneur.
C'est particulièrement fréquent dans le bâti ancien de la région. Un couvreur expérimenté le soupçonne souvent d'avance — l'épaisseur au débord de toit et la façon dont les bordures se présentent donnent des indices. Ça vaut la peine de le demander à l'inspection plutôt que de le découvrir le matin des travaux.
Les solins irrécupérables
Les solins de cheminée, de lucarne et de mur sont en métal et ils rouillent. Sous un vieux bardeau, on ne voit que leur partie exposée, qui peut sembler correcte alors que la portion enfouie est perforée.
Un solin en fin de vie doit être refait, pas remis en place. Le laisser sous un revêtement neuf, c'est installer le point faible d'un toit neuf, et c'est là que la fuite arrivera dans trois ans. La ligne « solins » d'une soumission mérite un regard : si elle est absente ou marquée optionnelle, vous ne comparez pas deux fois la même chose.
Les questions à poser avant de signer
Quel est le prix au pied carré du remplacement de support? Que se passe-t-il si un deuxième revêtement est découvert? Les solins sont-ils refaits ou réutilisés? La membrane de départ monte jusqu'où? La ventilation d'entretoit est-elle vérifiée et corrigée pendant les travaux?
Cinq questions, cinq réponses écrites. Elles transforment trois soumissions incomparables en trois soumissions comparables, et elles révèlent immédiatement laquelle est basse parce qu'elle a coupé quelque part. C'est un quart d'heure de préparation qui vaut plusieurs milliers de dollars.
Vous préférez qu’on s’en occupe?
Réfection complète avec mise à nu du support, membrane de départ obligatoire au Québec, et correction de la ventilation d'entretoit pendant que le toit est ouvert.