Bien planifier la largeur d'une allée en pavé uni
La largeur qui se décide sur le papier
La largeur d'une allée se règle avant la première pelletée de terre, sur le plan, à partir de ce qui va s'y stationner. Une voiture seule tient dans 3 m de pavé, avec un dégagement de quinze centimètres de chaque côté ; deux voitures côte à côte veulent 5,5 à 6 m. On mesure la porte de garage — une porte simple fait environ 2,7 m, une double 4,9 m — et on aligne l'allée dessus.
Une allée rétrécie en entonnoir pour rejoindre une porte étroite crée le même problème que la porte : le rétroviseur frôle la bordure à chaque entrée. La largeur se garde constante de la rue au garage, sans pincement, quitte à reculer le coin de plate-bande de trente centimètres. C'est cette constance qui rend l'entrée et la sortie sans manœuvre.
L'espace pour ouvrir une portière
Une allée qui colle au mur de la maison ou à un muret de soutènement force à se glisser hors de la voiture de côté. On prévoit un dégagement de 60 à 90 cm le long du côté passager, là où la portière s'ouvre, sinon le pavé sert de piste étroite au lieu d'un stationnement. Ce dégagement se compte dans la largeur totale dès le départ.
L'erreur classique est de paver au plus serré pour gagner du gazon, puis de découvrir que la portière ne s'ouvre qu'à moitié. Un espace de 90 cm le long d'un mur se transforme en trottoir de service : on y pose le pied, on y décharge les sacs, on y contourne la voiture sans marcher dans la plate-bande. Le pavé gagne ce que le gazon perdait en boue.
Le stationnement des visiteurs et le recul
Une maison reçoit : la deuxième voiture, celle des enfants, le camion du voisin qui vient aider. Une allée de 3 m ne laisse aucune place de débord, et la voiture se retrouve dans la rue les soirs de visite. Une bande pavée supplémentaire de 2,5 m en épi, ou un élargissement au pied de l'allée, absorbe ce débord sans empiéter sur le trottoir public.
La pente du recul compte autant que la largeur : une allée qui descend vers la rue doit garder sa pente de 2 % pour que l'eau file, sans devenir une glissade l'hiver. Si l'allée s'élargit au bas pour le stationnement, ce plateau se trace presque à plat, avec une légère pente qui renvoie l'eau vers la rue. La largeur et la pente se dessinent ensemble.
Quand élargir une allée existante
Une allée trop étroite se reprend par le bord, sans tout défaire : on soulève la bordure de retenue, on excave la bande manquante de 60 cm, et on repose les pavés de l'élargissement sur la même fondation. Le motif se prolonge, et la jonction entre l'ancien et le nouveau pavé se fond dans la pose si les teintes sont proches. L'allée gagne une voiture de large sans repartir de zéro.
Avant d'élargir, on regarde d'où vient l'étroitesse : parfois c'est le gazon qui empiète, parfois c'est la bordure qui a dérivé avec le gel. On redresse la ligne au cordeau, on repose la bordure de retenue, et le pavé récupère les quelques centimètres perdus. Un élargissement de 30 cm suffit souvent à passer de l'allée qu'on subit à l'allée qu'on stationne.