Pourquoi votre revêtement verdit du côté nord
Ce n'est pas de la moisissure et ce n'est pas de la saleté. Comprendre l'algue Gloeocapsa change complètement la façon de la traiter.
Le mur sud est impeccable, le mur nord est vert foncé, et pourtant c'est la même maison, le même revêtement, la même année d'installation. Ce n'est ni de la saleté ni de la moisissure : c'est un organisme précis, et savoir lequel change complètement la façon de s'en débarrasser.
Gloeocapsa magma, l'invitée principale
L'organisme responsable des coulisses vertes et noires est une cyanobactérie appelée Gloeocapsa magma. Elle fait de la photosynthèse, donc elle n'a besoin que de lumière indirecte, d'humidité et d'un support. Elle se protège du soleil en produisant une enveloppe pigmentée sombre — c'est cette enveloppe qui donne la couleur qu'on voit.
Ce qui la distingue d'une moisissure, c'est qu'elle est autonome : elle ne se nourrit pas du revêtement lui-même sur du vinyle. Sur une toiture, en revanche, elle consomme le carbonate de calcium des granules. C'est pourquoi le même organisme est cosmétique sur un mur et destructeur sur un toit.
Pourquoi toujours le côté nord
Un mur nord ne reçoit jamais de rayonnement solaire direct. En Estrie, où l'humidité relative printanière reste élevée pendant des semaines, ce mur sèche entre quatre et huit fois plus lentement que la façade sud. L'humidité persistante est la seule condition qui manquait à la colonie.
S'y ajoutent les conditions locales : proximité d'un boisé, haie de cèdres collée sur le mur, gouttière qui déborde, ou simplement un terrain en pente qui garde l'eau près de la fondation. Chacun de ces facteurs allonge le temps de séchage, et le temps de séchage est la variable décisive.
Ce qui ne fonctionne pas
Frotter à la brosse enlève la couleur et laisse les structures d'ancrage en place : le mur reverdit en une saison. Le jet à haute pression fait la même chose en plus rapide, en ajoutant le risque d'infiltration derrière les lattes. La peinture antimoisissure vendue en quincaillerie n'est pas conçue pour du vinyle et s'écaille.
L'eau de Javel pure appliquée sans dilution ni rinçage fonctionne à court terme mais brûle la végétation en contrebas, tache l'entrée en asphalte et peut décolorer les joints de calfeutrage. Ce n'est pas le produit qui pose problème, c'est l'absence de protocole autour.
La méthode qui tient plusieurs années
Une solution nettoyante diluée, un temps de contact suffisant pour tuer la colonie entière, un rinçage complet et une protection systématique de la végétation. C'est peu spectaculaire à regarder — beaucoup de temps d'attente, peu de bruit — et c'est ce qui donne deux à quatre ans de tranquillité.
L'entretien complémentaire compte autant : dégager les branches et les haies du mur, corriger une gouttière qui déborde, et vérifier que l'eau de toiture s'éloigne de la fondation. Un mur qui sèche vite ne redevient pas vert, quel que soit le produit utilisé au départ.