La créosote : le risque d'incendie du conduit
La créosote, un goudron de fumée qui condense
La créosote n'est pas de la suie : c'est un mélange de goudron, de vapeur d'eau et de particules de bois imbrûlé que la fumée abandonne en refroidissant contre la paroi du conduit. Plus le feu est étouffé et le bois humide, plus la fumée monte froide, et plus elle dépose de cette cire noire qui durcit en séchant.
Elle s'accumule d'abord là où le conduit est le plus froid, près du débouché et derrière les coudes, puis descend vers le foyer à mesure que la saison avance. Un centimètre de créosote compacte suffit à réduire le tirage et à rétrécir la section que la fumée doit franchir.
Les trois stades, du flocon au vernis brillant
Le premier stade est une poussière brune et floconneuse qui se détache à la brosse ; c'est le dépôt d'un feu chaud et d'un bois sec, sans danger immédiat. Le deuxième stade devient granuleux, en écailles croquantes de la taille d'un ongle, déjà plus collant et plus long à décoller.
Le troisième stade est le dangereux : un goudron noir, brillant comme du vernis, durci en plaques qui adhèrent à la paroi. Ce dépôt-là concentre l'énergie d'une saison entière de feux à l'étouffée, et c'est lui qui alimente un feu de cheminée quand la température grimpe assez haut pour l'allumer.
Ce qui se passe quand elle s'enflamme
Un feu de cheminée pousse la température du conduit jusqu'à 2000 degrés Fahrenheit, soit plus de 1000 degrés Celsius, en quelques minutes. Le dépôt crépite comme un feu de foyer inversé, la cheminée vrombit et crache des flammèches et une fumée dense par le débouché.
Cette chaleur fend les carreaux d'argile, déforme les gaines de métal et peut allumer la charpente à travers un joint décollé. Même quand le feu s'éteint de lui-même, il laisse un conduit fissuré qu'il faut inspecter à la caméra avant de rallumer, sinon le prochain feu ordinaire trouve le passage ouvert vers le bois.
Repérer la créosote avant qu'elle ne s'allume
La créosote se trahit par une odeur de goudron chaud qui monte du foyer les jours humides, quand l'air se charge et que la cheminée respire mal. Des fumées noires au démarrage, un verre qui se salit en une soirée, ou des plaques noires qui se détachent et retombent dans le foyer sont autant d'indices qu'elle s'épaissit.
On la mesure simplement : en grattant la paroi avec un tisonnier, si la lame ramène du brillant ou une couche épaisse, le seuil des 3 millimètres est dépassé et le conduit doit être ramoné. TirageNet voit des foyers où la créosote de troisième stade recouvre le tiers supérieur du conduit alors que le foyer paraît propre, et c'est toujours là que l'inspection finit par révéler le danger.
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